La rentrée du libriste

Rédigé par Alexandre - - 4 commentaires

C'est la rentrée et les d'articles sur la blogosphère libriste francophone fleurissent :

Fragmentation par Cascador

Redéfinir mes priorités par Genma

Web 2.0 ? Pas encore pour tout le monde par Alterlibriste

Alerte enlèvement, l'esprit libre a disparu, ah ben non finalement il est mort par Cyrille Borne

Fragmentation

Je suis le consultant en informatique de la famille. Les PC de papa, maman et petite soeur sont sous Windows 7. Tant que les clients sont satisfaits, je ne prévois pas de passage sous Windows 10 ou autre chose.

Les smartphones, le mien y compris, sont sous Android pour nous quatre. Motorola ou Samsung. Chacun une GMail, et on consomme du YouTube. Petite soeur profite de mes abonnements Netflix et Spotify que je partage avec elle.

Pour ma part je suis sous Linux Mint Debian Edition 2 sur PC portable, Xubuntu 14.04 LTS sur mon netbook de secours, Raspbian sur mon Raspberry Pi 3 utilisé comme serveur de bidouillage, et Debian sur mon dédié qui héberge ce blog entre autres. Grosso modo, ici c'est Debian ou Ubuntu, avec de la légèreté.

Priorités personnelles et professionnelles

Je suis développeur C++, je travaille en SSII. Je travaille en R&D dans l'industrie depuis ma sortie d'école d'informatique il y a trois ans. Au début, je ne savais pas ce que j'allais faire. J'ai fait du test, de la compilation de systèmes Linux, et du dev C++. Après ma première année de boulot je me suis aperçu que mes quelques mois de pratique du C++ étaient le point fort de mon CV. J'ai donc décidé l'année dernière de faire du dev C++, choix que je ne regrette pas puisque maintenant je suis développeur C++/Qt, ce qui est très intéressant.

Je fais des applicatifs C++/Qt avec interface graphique sur PC. Ce travail me plait, on est à l'aise au niveau des ressources système, il y a du multi-threading, de la sérialisation, et autres joyeusetés du développement système. C'est dans ce développement système que j'ai décidé de faire carrière. Je pratique le C++ standard comme Qt, j'ai fait du Java et du PHP à l'école et en stage. Je ne suis pas fermé à des langages comme C# ou Python ou Go.

Au niveau personnel j'ai dépassé le stade du bidouillage et de la prise de tête. Je suis devenu un utilisateur. J'utilise Android pur sur mon Moto G 3rd gen, et ça roxxe du poney. Le smartphone tourne 16 heures sur 24, 364 jours par an. La LMDE 2 sur le PC tourne bien, c'est stable, pas de défragmentation, pas de virus, pas de CCleaner. Un OS connu et stable, j'adore utiliser Linux parce que j'y trouve la valeur ajoutée en tant qu'utilisateur.

Je blogue quand j'ai du temps de cerveau disponible. Une fois posé dans ma nouvelle mission dans quelques semaines, j'ai envie de reprendre le sport en club pour faire de la cardio et brûler des calories. Je ne supporte plus la fatigue psychologique sans fatigue physique. Je cherche à avoir un minimum de préoccupations, pour libérer mon temps et mon cerveau à des activités vraiment utiles. C'est pourquoi je ne fait que peu de to-do lists parce qu'à force je vis dans un calendrier et que mon intellect est surtout sollicité à organiser et non pas à travailler. Une fois mon mode de vie stabilité et adapté à son nouvel environnement, je pourrai me consacrer à de nouvelles choses. Mais il faut d'abord éliminer l'inutile.

Production, consommation

Au niveau du smartphone, je me conduis comme un agent économique : j'utilise le système qui me permets de consommer efficacement les services dont j'ai besoin. Y compris mon OwnCloud et mon Firefox. Je suis demandeur d'une plateforme de qualité et qui me fournit les applications demandées. Ce que ne faisait pas Firefox OS.

La plupart des gens sont des consommateurs, et leur besoin est d'accéder aux services désirés. Dans des conditions les plus faciles possibles. Peu d'internautes en proportion sont des créateurs de contenu. Moi-même je ne produis que peu de chose dans ma vie à part du code au boulot et du blog dans ma vie perso.

Maman a un PC sous Windows 7, utilise Firefox, GMail et YouTube parce qu'elle y trouve la valeur ajoutée dont elle a besoin. Windows 7 est connu, stable, possède les applications voulues.

Je suis libriste

J'utilise Linux parce que c'est un bon produit, parce que je suis sensible aux problématiques de vie privée et de bien commun, et que je suis content de connaître les rouages de mon système sans forcément le personnaliser de fond en comble.

Je me suis arraché à Chrome il y a quelques années pour des raisons d'éthique et je propose du Firefox à mes parents. Petite soeur préfère Chrome, elle utilise Chrome. Il faut respecter la volonté et le consentement des individus. La liberté consiste aussi à utiliser le produit commercial Chrome si on le veut. Le logiciel libre propose une alternative, le bien commun. Bien commun que je soutiens, financièrement.

 

Le crédit d'impôt sur le jeu vidéo mignon et idéologiquement pur

Rédigé par Alexandre - - 1 commentaire

En France, on a pas de pétrole mais on a des idées. Le "crédit d'impôt jeu vidéo", CIJV de son petit nom permet de déduire en gros une partie des dépenses du développement d'un jeu vidéo. Cela pour permettre aux studios français de survivre dans l'environnement mondialisé, extrêmement concurrentiel, fiscalement optimisé et dynamique du jeu vidéo.

Mais en fait, pour bénéficier de ce crédit d'impôt, il faut que ledit jeu remplisse des critères en étant pas trop violent ou pas trop pornographique, et avec un gros budget (au moins 100.000 euros de budget), et :

contribuer au développement de la création française et européenne en matière de jeux vidéo ainsi qu'à sa diversité en se distinguant notamment par la qualité, l'originalité ou le caractère innovant du concept et le niveau des dépenses artistiques

http://www.cnc.fr/web/fr/credit-d-impot-jeu-video

En gros, on paie des fonctionnaires pour vérifier que le contenu du jeu correspond à la pureté idéologique et artistique décidée par l'État. Les critères sont définis ici : http://www.cnc.fr/c/document_library/get_file?uuid=111ee9ea-2f57-42ed-b869-869935a63900&groupId=18

et ici : http://www.cnc.fr/c/document_library/get_file?uuid=88461b35-f0e2-4ee2-b7d3-b4de76950505&groupId=18

On devrait donc appeler le CIJV "crédit d'impôt pour le jeu vidéo mignon, pas original, pas violent, qui se passe chez nous, et qui parle de notre idéologie" :

Jeu vidéo inspiré du patrimoine historique, artistique et scientifique européen
OU
adapté d’une œuvre cinématographique, d’une œuvre audiovisuelle, d’une œuvre littéraire ou
artistique ou d’une bande dessinée.

[...]

narration
• dépenses artistiques supérieures à 50% du coût de développement
• bible du jeu vidéo écrite en français
• versions originales dans au moins trois langues en Europe, dont le français
• problématiques politiques, sociales ou culturelles européennes ou valeurs spécifiques
aux sociétés européennes

La scène du massacre à l'aéroport de Moscou dans Call of Duty Modern Warfare par un groupe terroriste ultra-nationaliste, ça rentre dans "problématiques politiques, sociales ou culturelles européennes" ?

La dernière idée pour remettre en cause ce dispositif est d'en exclure les jeux qui véhiculent des idées sexistes. Encore et toujours la volonté de contrôler le contenu des oeuvres artistiques.

À quand l'autodafé ?

Je pense simplement que ce genre de critères est simplement stupide, et que le prochain GTA ne verra pas le jour en France. On devrait lâcher la bride aux studios, accepter que le jeu vidéo peut être un phénomène culturel adulte et au contenu violent, dont la vente est contrôlée avec des indications sur les boites (+16, +18), c'est normal.

L’économie envahit tout

Rédigé par Alexandre - - 2 commentaires

Ceci est un commentaire sur l'article Le vrai début de la fin - réponse du Blog-Libre :

L’économie envahit tout. Tout est business, tout est un marché, tout se valorise.

Parfois pour faire le bien, Emmaüs se lance dans le e-commerce, BlaBlaCar a boosté le covoiturage.
Parfois pour faire le moins bien, Google fournit des services de super qualité contre l’exploitation mercantile des données personnelles.

Comme quoi dans les logiciels tout peut se copier facilement, se fournit bénévolement, les coûts sont ponctuels. Dans le service, il faut payer. Les serveurs n’attendent pas, on ne laisse pas tout en plan pendant 6 mois pour reprendre. Même si c’est de l’économie sociale et solidaire, il faut payer. La sécurité sociale se paie, l’éducation « gratuite » se paie par les impôts, les films qu’on télécharge gratuitement sont produits parce que les bon consommateurs paient la production du film pour nous.

Comme tout est économique, les alternatives libres sont en concurrence avec les services et logiciels propriétaires maintenant de bonne qualité. Et la compétition est rude face à des empires technologiques et leurs capitaux énormes qui donnent une force de frappe énorme sur le marché. Les cathédrales, en somme.

Face à ça, pas la peine de ressortir des solutions de bolchevik comme Lordon. Ça sert à rien de croire que la Ve République va chuter et que des gentils gens vont redistribuer le pognon des riches aux pauvres. Il faut agir de façon pertinente, et au niveau local. Microéconomique, pas macro.

Emmaüs ça marche parce que ça fait 60 ans qu’ils sont sur le terrain à bosser pour aider les gens. Et ils font du business. Au service des plus démunis.
Mes proches utilisent Linux parce que je fais bénévolement la maintenance PC. J’y mets le temps et leur fait mettre l’argent pour les quelques acquisitions nécessaires.

Il faut sortir les arguments du marché pour promouvoir le libre : c’est gratuit, c’est stable, on peut vous aider à l’association, vous faire du support, vous vendre du PC recyclé pas cher. Au niveau du desktop, j’ai collé du Xubuntu et du Linux Mint chez les gens, ya du retour positif. Ça marche.
Dans le mobile, FFOS fut un échec parce que le produit n’était pas stable et fonctionnel. On a pas encore de quoi concurrencer Android auprès du très grand public, du consommateur de base, du grouillot. Au niveau du mobile, je recommande du Motorola en ce moment.

C'est beau, la France

Rédigé par Alexandre - - 1 commentaire

Un peu de french bashing, ça fait du bien.

Au nom de la mère

Sur le cerfa 12100-02 pour faire une demande de renouvellement de passeport, il est demandé le nom de maman. Je mets donc le nom de mariage de maman (le nom de papa, quoi), qu'elle porte depuis son mariage. En voyant que le nom est le même que celui de papa, le fonctionnaire en charge de la demande y met un coup de blanco et me précise qu'il faut mettre le nom de naissance de maman. Je suis devenu désagréable en disant que ce n'est pas marqué. Si on demande à ma mère son nom, elle répondra avec son nom actuel, pas son nom de jeune fille. Heureusement que le formulaire est fait par des professionnels. Il aurait fallu marquer "nom de naissance".

Bon, tout n'est pas noir, on peut télécharger le Cerfa sur https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/N360 et acheter le timbre fiscal en ligne. Les mairies ont tout le matériel et ça m'a pris dix minutes sur place à tout casser.

La taxe régionale sur les ventes de voitures

Un collègue a acheté une voiture d'occasion. Le tarif de la carte grise est différent selon les régions. Avec une remise différente pour une voiture écolo. Sans déconner, déjà que le cheval fiscal c'est une taxe sur les ventes de grosses voitures, en plus selon la région on raque pas pareil ? La différence se chiffre en dizaines d'euros. Je pensais que c'était un service public d'immatriculation des véhicules, c'est tout, pas un service de taxation des ventes de voiture. Et dire qu'avant il y avait un service par département et que quand on déménageait il fallait changer les plaques... Et que les gens on gueulé parce qu'il n'y aurait plus de numéro de département sur les plaques...

Le numéro de département sur les plaques : une plaie française

... donc du coup :

Plaque SIV, de type "AB-123-CD"

La plaque doit débuter par le symbole européen complété de la lettre « F » sur fond bleu. Un identifiant territorial est positionné symétriquement à ces éléments.

Cet identifiant se compose d'un logo officiel d'une région et du numéro d'un des départements de cette région.

Vous n'avez pas le droit de modifier votre plaque ou d'y ajouter un élément, en particulier à la place de l'identifiant territorial.

Si votre plaque est détériorée ou que vous souhaitiez la changer volontairement, vous devez vous adresser à un professionnel. Vous pourrez à cette occasion changer l'identifiant territorial, mais si votre véhicule a 2 plaques, les identifiants doivent être les mêmes sur chacune.

Mon grand-père conduit un véhicule immatriculé dans le Doubs, département numéro 25. Le véhicule a été acheté là-bas. Ensuite, il a tapé dans un truc et le pare-chocs et la plaque arrière ont du être changés. Et comme le garage ne propose que les numéros de notre région, donc pas le 25, papy aurait du payer pour faire aussi changer la plaque de devant, parce qu'il n'y a pas le droit d'avoir un numéro de département sur une plaque et un autre sur la plaque de l'autre bout du véhicule. NON MAIS COMMENT C'EST POSSIBLE ! Le compromis trouvé a été un autocollant sur la plaque avant.

Vous prenez le texte ci-dessus, vous enlevez les textes en gras, vous supprimez les numéros de département qui ne servent à rien et on aura un pays un peu moins compliqué.

Plus de détails ici, dans l'article 9 : https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?cidTexte=JORFTEXT000020237128

J'augmente les tarifs

Bouygues augmente les tarifs. 5 euros de plus pour le 5 Go. Ils s'attendent à quoi ? Je vais pas payer 5 euros de plus par mois pour leurs beaux yeux. Si ça augmente pour moi, je me casse. Probablement chez Sosh, parce que SFR le réseau est pourri et les sollicitations commerciales sont légion. Je regrette Joe Mobile... Et le forfait proposé uniquement sur le site et pas en boutique... Mais pourquoi ? Pourquoi ya pas quelques forfaits et qui sont proposés partout ? Ou alors les forfaits B&You uniquement sur le web ? Pourquoi on peut pas payer son forfait par carte bancaire ?

La taxe sur les liens hypertexte vers la presse

https://www.nextinpact.com/news/100132-au-ministere-culture-retour-redevance-sur-liens-vers-presse.htm

La presse en ligne française tire ses revenus du trafic amené vers elle par Google, des publicités de la régie publicitaire Google, et elle veut en plus que Google paie une taxe pour mener vers leurs contenus photocopiés de l'AFP. C'est bien français (et européen, en l'occurrence) de chialer et de demander à l'État de forcer les autres à vous donner de l'argent via une taxe (copie privée, tout ça).

"Une idée, une taxe."

Don de mai 2016 : Linux Mint

Rédigé par Alexandre - - 1 commentaire

Dans la série Don au logiciel libre, je choisis encore une fois Linux Mint.

J'ai donné 10 euros via leur page Donate, en cliquant sur le bouton Paypal "Make a donation in euros".

LMDE 2

Alors que certains profs blogueurs cherchent la distribution parfaite pour le mainteneur, j'utilise depuis 12 mois maintenant Linux Mint Debian Edition 2 "Betsy", et on peut dire que ça tourne bien. Pas de soucis de stabilité, la dernière version de MATE livrée en avant première, ainsi que les fameuses "x-apps" dont l'interface est conçue pour être la même selon les desktop environments. Important pour la distribution qui compte 4 DE : Cinnamon, MATE, KDE et Xfce.

L'interface, les mecs. L'interface !

En juin, la version 18 approche. J'ai testé il y a peu la version 17.3 en version Xfce, et ça roxxe du poney niveau interface : c'est super propre et simple. On parle KISS en ce moment, pour moi ça correspond bien au principe du truc hyper simple pour tout le monde.

J'ai testé un peu Manjaro sous KDE et la Mint en KDE aussi. C'est une horreur. Disons que je n'arrive pas à m'y faire. C'est fouilli, en plus je n'aime pas les icônes, il y a une tonne d'options, les plasmoïdes sur le bureau c'est le gros bordel, bref je suis devenu un utilisateur exigeant sur la simplicité. Un jour je vais finir chez Apple.

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